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Faut-il être crudivore pour être en bonne santé ?

04/19/2015

 

S’alimenter sainement est devenu une obsession contemporaine pour une part croissante des populations occidentales. Avec l’intention de manger mieux pour vivre plus longtemps, de nouveaux régimes et modes de consommation font ainsi leur apparition ces dernières années… Aujourd’hui, petit tour d’horizon de la tendance crudivore !

 

Le crudivorisme : qu'est-ce que c'est ?

 

Premier constat que l’on peut faire : le crudivorisme a été le credo de l’homme pendant des millions d’années ! Deuxième constat : il est intéressant de souligner que pour des populations comme les Esquimaux ou certaines tribus africaines par exemple, le « manger cru ou vivant », même s’il s’agit de poissons et d’insectes en tous genres, fait encore aujourd’hui parti de leur culture et de leur quotidien !

 

Mais qu’en est-il aujourd’hui dans nos sociétés occidentales ? De nos jours, le crudivorisme se réclame être un régime alimentaire ou plutôt un mode de vie qui consiste à manger des aliments sans les avoir cuits voire même chauffés. En théorie, les crudivores mangent tous types d’aliments, y compris de la viande et du poisson, mais dans la pratique, on constate bien souvent que la majorité des adeptes de ce mouvement sont en réalité végétaliens.

 

Véritable philosophie culinaire pour certains, simple idéologie à la mode pour d’autres, le crudivorisme est connu également sous les noms d’« alimentation vivante » ou de « Raw Food » (raw, qui signifie brut en anglais). Cru ou cuit ? La controverse n’est pas récente et le débat n’est pas prêt d’être éteint puisque cette « alimentation particulière » séduit de plus en plus de personnes soucieuses de leur santé.

 

Que mange les crudivores ?

 

 

Les crudivores consomment de préférence des aliments biologiques, à composante alcaline, n’ayant subi aucune transformation ou cuisson. Pour autant, le crudivorisme ne consiste pas à cueillir ou ramasser des prunes ou des pommes par exemple en les consommant au pied de l’arbre ! Ce mode alimentaire recouvre dans sa pratique plusieurs processus biologiques tels que la germination, la déshydratation, les marinades, l’extraction de jus, la lacto-fermentation, etc.

 

Le plus souvent, on distingue trois sous courants au sein de la population crudivore :

  • Les végétaliens : exclusion de toutes les protéines animales y compris celle provenant des produits laitiers, des abeilles.

  • Les végétariens : exclusion des protéines animales hormis les œufs, le miel, les produits laitiers et leurs dérivés ou les produits lacto-fermentés.

  • Les carnivores : aucune exclusion du moment que les aliments demeurent non cuits.

Au menu de la majorité des crudivores, quelques exemples d’aliments qu’ils cuisinent crus ou chauds : tous les fruits crus ou secs et les légumes que nous connaissons, toutes les herbes aromatiques, les plantes oléagineuses cultivées pour leurs fruits (ex : olive, noix de coco noix, amande, etc.), leurs graines ou encore l’extraction d’huile (ex : colza, tournesol, arachide, soja, sésame, etc.), les céréales (ex : avoine, blé, maïs, etc.) et même les algues !

 

Rappelons également que certains adeptes de cette tendance, appartenant au sous-courant dit « crudivore carnivore », ajoutent à leurs menus quotidiens viandes et poissons crus.

 

 

Vous l’avez compris, l’idée reçue selon laquelle « être crudivore rime avec salades ou plats froids » n’est pas une réalité et il est important de préciser que les personnes adeptes de ce régime revendiquent même manger chaud certains aliments en veillant à ne pas dépasser les 40 à 45° pour ne pas perdre les qualités nutritives des aliments qu’elles consomment.

 

Crudivorisme et santé : que pense la science ?

 

 

L’alimentation crue ou l’alimentation vivante est un mode alimentaire qui se développe de plus en plus car, comme chacun le sait aujourd’hui, le lien alimentation / santé n’est plus à démontrer. Un petit retour dans le temps nous permet d’ailleurs de constater que le lien entre crudivorisme et santé humaine ne date pas d’hier !

 

Dès la fin du XIXe, les pionniers de la « guerre du cru », étaient des médecins et des scientifiques confrontés à de sévères maladies, voire même des maladies dites incurables à l’époque. Parmi ces pionniers qui ont fait parler d’eux, le médecin russe Catherine Kousmine ou encore le suisse Bircher-Benner qui a découvert par hasard les effets surprenants de la pomme crue sur des crises de jaunisse et son contemporain, le médecin Max Gerson qui a été le premier à étudier les pouvoirs thérapeutiques des fruits et légumes crus sur notamment des crises intenses de migraines.

 

Les recherches sur le sujet se sont intensifiées pendant tout le XXe siècle en Suisse mais aussi en France et dans le reste de l’Europe, aux Etats-Unis, en Suède, etc. D’ailleurs, d’après un rapport et un communiqué de 2003 de l’OMS et de la FAO, on compterait plus de 10000 études sur le sujet qui démontrent les bienfaits des aliments crus, et ceux bien souvent, par rapport à une alimentation transformée.

 

Aliments crus : que des avantages ?

 

Pour les crudivores, l’aliment cru est tel que nous l’a donné la nature. Le nutritionniste Jacques-Pascal Cusin explique d’ailleurs que « le fait de se nourrir représente notre contact le plus intime avec la nature ». Ainsi, pour la plupart des crudivores, « manger cru » est un retour au plus près de la nature, à la provenance et l’origine des aliments qu’ils consomment.

 

Si l’on s’intéresse aux bénéfices santé à proprement parler, l’aliment cru présente des avantages avérés par rapport aux aliments cuits. Retenons qu’ils sont en majorité plus nutritifs et vitalisants pour notre corps mais encore une fois, il y a toujours des exceptions qui confirment la règle (ex : les tomates contiennent plus d’antioxydants après cuisson) !

 

Pourquoi dit-on que les aliments crus sont plus nutritifs ? Cela s’explique par le fait que l’aliment cru est par définition vivant à contrario de l’aliment cuit. Ainsi, l’aliment cru ne présente pas d’altération au niveau de ses cellules préservant ainsi les nutriments et vitalisants, propres à chaque aliment, comme par exemple les vitamines, les antioxydants, les sels minéraux, les enzymes, les minéraux et oligo-éléments, etc. qui eux, par contre, sont détruits le plus souvent à la cuisson car particulièrement sensibles à la température : au dessus de 45°C, ils se dégradent et en dessous de 5°C, ils deviennent inactifs.

 

Un autre argument est avancé sur ce rapport entre « aliment vivant » et « aliment mort » : l’aliment cuit autorise une prolifération extrêmement rapide des bactéries et des microbes ; ce à quoi l’intestin réagit en mobilisant une grande quantité de leucocytes (globules blancs du système immunitaire). Hors notre stock de leucocytes n’est pas inépuisable et ne se renouvelle pas vite, ce qui revient à penser que consommer cru permet de préserver notre système immunitaire contrairement à l’assimilation d’aliments cuits qui finit par affaiblir notre système de défenses contres les maladies.

 

Ainsi, « manger cru » à contrario de « manger cuit » semble avoir de nombreux avantages pour la santé, permettant notamment une revitalisation de l’organisme, une stimulation du système immunitaire et une élimination des toxines. Cependant, n’oublions pas qu’il existe plusieurs sous-courants dans ce mode alimentaire qui pourraient expliquer que certains experts avancent comme principaux inconvénients à ce mode alimentaire le refroidissement de l’organisme et la déminéralisation chez le sujet crudivore excessivement fruitarien. Mais c’est un autre débat et cela pourrait en soi faire l’objet d’un article complet ! Un autre inconvénient possible du régime cru avancé est l’irritation des muqueuses intestinales fragiles qui peut entraîner des ballonnements notamment. Ces symptômes pourraient, à priori, être évités et diminués en évitant certains fruits et légumes et surtout en optant pour un changement en douceur de mode alimentaire !

 

Adopter un régime crudivore quand jusqu’à présent on a eu une alimentation conventionnelle est un bouleversement important pour tout l’organisme. Aussi, il est recommandé de procéder à un changement d’alimentation progressif, en plusieurs étapes. De plus, il est fortement conseillé de se faire accompagner, au moins au début, pour avoir du soutien et surtout des conseils avisés par rapport à son âge, sa physiologie, son état de santé, son mode de vie, etc.

 

Conclusion

 

Le crudivorisme peut constituer une solution parmi d’autres à certains  problèmes de santé de notre époque. Entre conseils, état de la science et intuitions personnelles, il appartient à chacun de choisir, seul ou accompagné, ses aliments en fonction de sa culture, de son de mode de vie et de ses valeurs. Tout reste toujours une question d’équilibre, de plaisir et de respect de soi.

 

 

 

 

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